Restaurant de la Gare à Lucens

Jane-Lise et Pierrick Suter ont hissé progressivement l’Hôtel de la Gare au rang des classiques de la gastronomie romande. Pas d’esbroufe, de démonstration technique ou de tentative aventureuse. Pierrick, aux fourneaux, aime les saveurs qui jaillissent des pratiques traditionnelles. Il préfère ainsi une belle pièce rôtie à une cuisson lente, redoutant les textures trop molles, «comme une nourriture d’EMS», dit-il avec un brin de malice et de provocation. Ici, au cœur de la Broye, les chairs doivent avoir du caractère, à l’image du chef! Ses références classiques ne l’empêchent pas d’utiliser, ici ou là, des techniques plus contemporaines pour parfaire une composition. Le homard est ainsi décliné en trois façons, avec sa pince, son tronçon et sa bisque sphérifiée. Chaque élément préserve son parfum pour mieux se conjuguer avec l’autre. La chair du crustacé resplendit dans la diversité de ses textures. Car Pierrick Suter sait aussi se faire délicat pour magnifier ses produits remarquables. La raviole aux chanterelles et foie gras confirme cette subtilité en exhalant le parfum des champignons. On reste toutefois dubitatif face à la présence dans cette recette d’un foie gras poêlé, alors que nous dégustons le plat en plein été, par 32°C sur la terrasse. La lotte de Roscoff suscite des applaudissements sans réserve: rôtie à chaleur vive, elle révèle sa chair unique, à la fois ferme et tendre, dopée par une farce aux tomates confites et algues. Le plat principal s’inscrit dans la tradition, comme souvent à Lucens, avec un filet de veau souligné d’un jus à la truffe très réussi. Ces plats remarquables trouvent un écho parfait dans le verre, grâce à une carte exemplaire qui valorise notamment la richesse du vignoble romand. Mention particulière pour le choix somptueux de demi-bouteilles, très agréable pour varier les plaisirs au cours d’un menu. Le service, chaleureux et attentif, complète le plaisir de ce repas festif, qui se termine avec le sourire communicatif du chef aussi virtuose que convivial.

Repeindra-t-on un jour la gare de Lucens de la couleur d’un plat emblématique de Pierrick Suter comme on le fit à Roanne pour honorer la maison Troisgros ? Ce qui est sûr, c’est qu’à proximité des gares, on trouve souvent des oasis gourmandes. Et c’est bien le cas à Lucens où l’on vient non seulement de toute la Broye mais de bien plus loin encore pour déguster la cuisine à la fois raffinée et généreuse de Pierrick Suter. Aux côtés de son épouse Jane-Lise, hôtesse exquise, ce dernier ne s’est jamais écarté de la cuisine droite et goûteuse qu’il affectionne et qu’il fait aimer à sa clientèle. Ce parti pris délibéré implique le recours à des produits d’une fraîcheur et d’une qualité irréprochables. Des produits que Pierrick Suter, au sommet de son art, parvient à sublimer par son talent sans jamais les travestir par des artifices qu’il tient en horreur. Cette belle cuisine a trouvé ici un cadre idéal avec une salle à manger sobrement décorée, une véranda au style audacieux et un bistrot accueillant.

Salvador Dalí considérait la gare de Perpignan comme le centre cosmique de l’univers…
Mais Salvador Dalí n’est jamais venu à la gare de Lucens.
Nous avons voulu faire de l’Hôtel-Restaurant de la Gare, à Lucens, mieux qu’un haut lieu de l’utopie et du surréalisme : un carrefour des saveurs.
Ici, au fil de cette Broye qui draine l’histoire millénaire d’une région généreuse et gourmande, quatre générations d’amoureux de la table ont patiemment façonné une enseigne qui célèbre plus que jamais l’hospitalité et l’amour du terroir.
Loin du maniérisme et de l’affectation, le bien-manger y a ainsi découvert une escale d’authenticité, où le plaisir de faire plaisir s’exprime le plus simplement du monde et sans coup de fusil : de la prévenance, de bons vins et une cuisine propre à séduire l’œil et le palais. Ni plus ni moins.
Que ce soit pour une collation impromptue sur le chemin de Berne ou de Lausanne, ou pour partager un menu plus ouvragé d’inspiration saisonnière, vous trouverez à Lucens de quoi éloigner les tourments de la faim et les vicissitudes du quotidien. Toute l’équipe de l’Hôtel-Restaurant de la Gare est là pour y veiller, de l’heure du café fumant jusqu’à celle avancée des cognacs.
Plus que de faire naître l’envie, nous aspirons à la satisfaire.
N’était-ce pas Oscar Wilde qui écrivait : « Je peux résister à tout, sauf à la tentation ? »
Au grand plaisir de vous accueillir,
Jane-Lise et Pierrick Suter